Stop Civaux
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12 mai 98
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Naissance difficile pour la centrale de Civaux



À deux pas du Futuroscope, la fée Carabosse de l'Électricité a implanté une énorme centrale de deux tranches du palier N4 (1450 MWe). Toujours plus gros, toujours plus loin. Et puisque les superlatifs sont de rigueur, c'est aussi de la plus petite rivière jamais imaginée qu'il s'agit.

Les plans ont été revus à la baisse, ce n'est plus quatre, mais deux réacteurs qui seront tributaires de la Vienne pour leur refroidissement. Mais ils sont gros, EDF n'a pas de retour d'expérience, et les débits de la rivière sont très contrastés avec des étiages prononcés en été et des crus hivernales. Pourtant les rejets pourront être autorisés à partir du débit extrêmement bas de 20 m3/s jusqu'au débit de crue de 350 m3/s.

Débit officiel en amont de la centrale le 1er octobre : 13,5 m3/s. No comment !

Même les commissaires enquêteurs ont fait savoir qu'ils étaient défavorables à des autorisations de rejet physico-chimiques pour deux réacteurs ! Mais la Préfecture est passée outre.

Question danger, la technologie nucléaire a déjà fait ses preuves. Qu'on multiplie la complexité des paramètres de fonctionnement tient de la tentation de l'exploit. Ou d'une influence politique sans borne.

Destinée à servir de vitrine technologique du savoir-faire français vis-à-vis de pays à faibles ressources en eau (il fallait bien trouver une justification à l'erreur de choix du site), le projet d'une centrale à Civaux, gloire de Monory, aura mis 18 ans avant de cracher son premier kilowatt, et de soi-disant atteindre 9% de sa puissance nominale... Les communes qui se sont endettées voyaient avec inquiétude se rapprocher la date des premiers remboursements de leurs emprunts, alors coûte que coûte il fallait que la centrale soit couplée au réseau avant la fin de 97 pour que tombent les taxes tant attendues. Les deux derniers mois de l'année, sous des pressions diverses, ont vu s'accumuler autorisation de démarrage (sous le coude depuis septembre), PPI (Plan Particulier d'Intervention), exercices de crise nucléaire, et le 24 décembre, enfin, il est né le divin kilowatt, tout juste signalé par un petit panache de vapeur qui dura 5 jours. Puis plus rien.

La presse, le 2 janvier, annonça discrètement que la centrale allait rediverger incessament et qu'elle était à son niveau 0 de puissance. Puis : plus rien. Nos élus, inquiuets, sont-ils montés au créneau ? Des essais de turbine ont fait résonner la vallée de la Vienne. Un comité interministériel est venu faire un petit tour, déclarant à la Commission Locale d'Information que tout allait bien. Puis : plus rien. Enfin, le 4 février, un communiqué EDF annonçait dans la presse locale que des traces d'oxydation avaient été trouvées sur deux des barres de l'alternateur, que celles-ci devaient être nettoyées et que le remontage serait fini dans un mois environ.

Pendant qu'EDF astiquera, ne va-t-on pas entendre gémir dans les communes car puissance "zéro" = niveau quasi "zéro" de taxe professionnelle ! D'année en année, le chantier a traîné. EDF n'a pas besoin de cette centrale dont elle craint le démarrage, comme le craignent les autorités de sûreté qui exigent des garanties à la hauteur des risques; mais quels risques ne prendrait-on pas quand le "développement" local s'impatiente devant quelques dizaines de millions de francs différés ? (remboursement d'intérêts d'emprunt)

Côté surveillance, les mesures sont confiées à l'OPRI mais c'est EDF qui fait les prélèvements.

Aussi, Stop-Civaux a décidé de faire faire par l'ACRO un point de référence radio écologique dans une zone de 10 km autour de la centrale. De même que les Verts de la municipalité de Poitiers ont pesé de tout leur poids pour qu'un point zéro soit fait dans le district. À cette occasion, une pollution radioactive des boues d'épuration du district a été mise en évidence par l'ACRO. Elle était liée aux activités du secteur hospitalier.

Quant-à Civaux, voyant que nous faisions faire un point "zéro" indépendant, EDF a fait refaire le sien. Nous n'en connaissons pas les résultats.

mars 1998, Stop-Civaux

 


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