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Civaux en 2004

16 septembre 2004 : Cli de Civaux

Ambiance un peu tendue pour cette réunion de la Cli, la première depuis huit mois.

Devant une assistance réduite (très peu d'élus), le président de la commission, M. Marot, a commencé la réunion en expliquant que la CLI n'avait pu se réunir avant l'été du fait des différents scrutins électoraux. En deux mots : les représentants de l'Etat (préfet, sous-préfet et représentants des administrations) étant tenus au devoir de réserve, il était impossible de tenir une telle réunion en périodes de scrutins (régionales et européennes). Chacun appréciera.

Fait exceptionnel, dès la fin de son introduction, le président se fait un peu malmener par le représentant de Vienne-Nature qui conteste le contenu du compte-rendu de la précédente réunion (ce compte-rendu n'est jamais soumis à approbation de la commission). Celui-ci est soutenu par les représentants du GSIEN et de la CGT qui, eux aussi contestent ce compte-rendu.

Après les exposés fleuves des représentants EDF et une intervention très courte des représentants de la sûreté (DGSNR), la parole est donnée à l'assistance et la dernière heure de la réunion est consacrée aux questions réponses avec la salle.

Outre quelques détails techniques, nous retiendrons l'intervention du syndicaliste CGT qui réaffirmait le constat d'une gestion de plus en plus marquée par l'obsession de la rentabilité, aggravée par le changement de statut de l'entreprise publique transformée en société anonyme. Ce dernier s'inquiétait en particulier des conséquences pour la sûreté des conditions de travail (parfois plus de 11 heures d'affilée), de la sous-traitance de la maintenance (80% des chantiers) et de la disparition de la maintenance préventive. Nous ne pouvons que partager ses inquiétudes, et les représentants de la DGSNR nous ont confirmés que la sous-traitance de la maintenance faisaient partie de leurs préoccupations (problèmes de formation des intervenants extérieurs et risque de perte de compétence pour EDF).

Autre fait marquant, et même une première : la centrale a été arrêtée du 20 au 22 août à cause des amibes Naegleria Fowleri !!! En effet, l'eau de la Vienne étant alors particulièrement chargée en résidus organiques, les installations UV ne pouvaient délivrer une insolation (irradiation) suffisamment forte pour respecter la réglementation en matière de destruction des amibes dans les rejets liquides. Donc : arrêt.

Nous retiendrons également que M. Marot a été à de nombreuses reprises mis en cause par les différents associatifs présents, que ce soit pour l'information qu'il ne fait pas passer, pour la gestion du budget dont personne ne sait rien ou encore la rédaction du journal que la CLI fait éditer et distribuer gratuitement, en particulier dans les écoles, collèges et lycées.

M. Marot s'est défendu en déclarant qu'il ne transmettait pas les informations fournies par EDF car celles-ci n'avaient pas été vérifiées par les autorités de sûreté. Les seuls communiqués qu'il transmet (en tout cas ni à l'UFC, ni à Stop-Civaux qui sont pourtant membres de la Cli), sont les communiqués écrits de l'ASN (ceux-là même que l'on peut trouver sur le site internet de l'ASN, quelques jours avant la Cli ne les transmette).

Quant au bulletin de la Cli, M. Marot a fini par avouer que c'était lui le seul rédacteur...

Bon. Beh on aura tout d'même appris quelque chose à cette Cli. Vivement la prochaine. Dans huit mois ... ?

30 août 2004 : le réacteur 1 en eaux troubles...

On apprend par un la presse locale qu'un nouveau problème se pose avec le réacteur 1. L'article n'est pas très explicite, mais il semble y avoir nécessité de nettoyage de certaines tuyauteries (?) ce qui impose un arrêt imprévu de quelques jours.

Ce n'est que le 16 septembre, lors de la Cli que nous aurons une explication : c'est la faute aux amibes ! (voir le compte-rendu de cette cli)

18 août 2004 : on apprend un nouvel incident (niveau 1)

On apprend par un communiqué de l'ASN qu'un nouvel incident de niveau 1 a eu lieu le 16 juillet dernier sur le réacteur 1 (alors à l'arrêt) : les équipes ont réalisé un essai sans que les conditions préalables soit réunies, et sans tenir compte des alarmes reportées en salle de commande, aboutissant à une surpression du circuit primaire.

Nous avons eu de la chance, il n'y a pas eu d'autre incident simultané, et les circuits automatiques de sécurité ont fonctionné correctement.

Bien entendu, aucune sanction ne sera prise contre l'exploitant...

8 juillet 2004 : le président de la CLI répond ... complètement à côté

C'est le journal local du 8 juillet qui nous donnera la réponse de M. Marot, président de la CLI. Celui répond bien sûr à côté de la question puisqu'il ne dit pas que les communiqués écrits de l'autorité de sûreté nucléaire (ASN) sont les seuls qu'il transmet aux membres de la CLI. En conséquence, il ne transmet pas les informations en provenance d'EDF. Par exemple, à l'heure où nous écrivons ces lignes (20 juillet 2004), les membres de la CLI n'ont toujours rien reçu sur le sujet des rejets radioactifs dénoncés par notre association le 3 juillet dernier.

Par ailleurs, M. Marot cite pour sa défense la note du 5 juillet qu'il a transmis aux membres de la CLI. Il faut savoir que cette note concerne un incident vieux d'il y a un an (7 et 11 aout 2003), et que celui-ci ne mettait pas en jeu des liquides radioactifs. De qui se moque-t-on ?

7 juillet 2004 : Arrêt d'urgence du réacteur 2 par perte du refroidissement secondaire

C'est ce que l'on apprend par une dépêche de France 3 Région. Les explications sont succintes et pour le moins peu compréhensibles. La lecture de la presse du lendemain (CP ou NR) ne nous en apprendra pas beaucoup plus.

Pourtant, s'il s'agit bien d'une perte (heureusement temporaire) du circuit secondaire de refroidissement, l'affaire est pour le moins sérieuse et mérite quelques explications.

3 juillet 2004 : rejets radioactifs illégaux... et la CLI ?

On sait que pour pour nos 2 réacteurs de Civaux (les 2 plus gros réacteurs atomiques de la planète, bien plus gros que Superphénix ou qu'un réacteur quelconque aux USA ou dans l'ex-URSS), le misérable débit de la Vienne est un gros souci (d'habitude, on met les réacteurs sur les fleuves ou sur les océans).

Le premier souci est évidemment celui du refroidissement. Chacune de ces chaudières est d'une puissance colossale (4500 MW thermiques par réacteur), et il faut abondamment refroidir en permanence pour éviter le Tchernobyl sur Vienne. Si le débit de la rivière descend en dessous d'une certaine valeur (11 m^3/s), la règlementation impose l'arrêt des réacteurs (autrement dit on arrête de les faire chauffer, mais le refroidissement reste nécessaire...)

Le deuxième souci est celui des rejets liquides. Vu la quantité de toxiques chimiques, radioactifs (et biologiques) recrachés par la centrale, la règlementation impose un débit minimum de la rivière Vienne (27 m^3/s) pour autoriser la centrale à rejeter ses effluents toxiques sans déclaration préalable, et ces rejets sont parfaitement interdits pour un débit inférieur à 20 m^3/s. Il y a également des contraintes règlementaires sur les concentrations de ces toxiques dans la rivière. Mais comme celles-ci ne sont guère contrôlées que par EDF, et seulement par le calcul (on ne mesure pas, on calcule que ça doit être bon), elles ne sont pas prépondérantes pour l'exploitant qui peut raconter à peu près ce qu'il veut. (Au passage, nous déconseillons vivement à quiconque de se baigner en aval de cette centrale...)

Or donc, la presse locale du 3 juillet 2004 nous apprend qu'EDF-Civaux venait de procéder à des rejets en dessous du seuil de 27 m^3/s : ils ont déclaré que leur débitmètre donnait une mesure fausse et qu'ils ne se sont pas rendus compte qu'il n'y avait plus d'eau dans la rivière. C'est, à peu de chose près, l'argument déjà largement utilisé pour les rejets radioactifs gazeux (les sondes en sortie de cheminée tombent souvent en panne, opportunément ?). Prenons la métaphore automobile et imaginez-vous en train d'expliquer au gendarme qui vous à contrôlé à 100 km/h en ville que votre compteur indiquait 40 km/h. Succès garanti...

Excédée par tous ces non-respect des règlementations et procédures (le coup des rejets n'en est qu'un parmi tant d'autres), sans la moindre sanction des autorités, notre association publie un communiqué. Au passage, nous mettons en cause la CLI qui ne s'est pas réunie depuis janvier dernier, malgré l'avalanche de problèmes et de questions.

16 avril 2004 : Réacteurs 1 et 2 : incident niveau 2

16/04/2004 - Communiqué de presse L'ASN classe au niveau 2 de l'échelle INES une anomalie constatée sur les centrales nucléaires d'EDF. niveau 2

Un très grand nombre d'armoires électriques n'ont pas été montées correctement, et en cas d'accident avec présence de vapeur d'eau, un grand nombre de systèmes de sauvegarde serait susceptible de ne pas fonctionner (court-circuits en cascades). Tous les sites sont concernés (58 réacteurs). Une belle preuve, s'il en fallait encore, de la performance et du sérieux de l'entreprise EDF.

18 mars 2004 : incident grappe de commande du réacteur 2

Publication du communiqué de l'ASN concenant l'incident de décembre 2003 sur le problème de réglage de la position d'une grappe de commande du réacteur 2, et la gestion lamentable de ce type de problème par EDF. niveau 1

26 février 2004 : circuit de sauvegarde indisponible pendant plusieurs mois...

Où l'on découvre inopinément qu'un circuit d'alimentation de secours en eau était indisponible depuis 4 ou 5 mois : lire le communiqué de l'ASN. niveau 1

Bof, tant que y a pas d'accident tout fonctionne, comme dirait l'autre. Et pi Tchernobyl, c'était des Russes, pas vrai ?

3 février 2004 : communiqué (enfin) sur l'incident du 2 mai 2003 : on a eu un emballement de la réaction

Lire le communiqué de l'ASN. Ce qu'on appelle pudiquement une "excursion de puissance", c'est un emballement incontrôlé de la réaction. Ben oui, encore une fois il y avait "lacune dans la culture de sûreté" et "défauts d'attitude interrogative". niveau 1

Puisqu'on vous dit que chez nous c'est pas possible !!!

note : le terme "excursion de puissance" fait partie du langage de l'ingénierie nucléaire. Il signifie : "Augmentation très rapide et momentanée de la puissance d'un réacteur au delà de la puissance de fonctionnement." (source : ministère de la culture )

3 février 2004 : Arrêt d'urgence du réacteur 2

C'est rien, on a juste oublié de brancher le refroidissement avant de lancer le réacteur en puissance (du kilowatt, du kilowatt...). Tout s'est bien passé, il n'y a pas eu d'autre panne simultanée. Lire le communiqué de l'ASN sur cet incident qui a eu lieu le 6 juillet dernier. niveau 1

14 janvier 2004 : erreur de conception : niveau 2

Le phénomène était connu depuis 1992, date à laquelle on avait découvert le défaut sur une centrale suédoise. À l'époque, interrogée par l'Autorité de Sûreté, EDF avait juré ses grands dieux que c'était impossible chez nous.

Las, 11 ans d'enquêtes plus tard, EDF avoue enfin que l'on a pas été plus malin que les autres : erreur de conception générique, et pour l'ensemble de nos réacteurs, les filtres des puisards du circuit de recirculation sont susceptibles de se colmater (voir le communiqué de l'ASN), empêchant ainsi, lors d'un accident grave avec perte importante de réfrigérant primaire, de récupérer le réfrigérant pour le réinjecter dans le circuit.

Bref, ce système important pour limiter l'aggravation d'un accident pourrait se révéler complètement inefficace, et n'interdire en rien à un accident grave de dégénérer en catastrophe (dénoyage du coeur, production massive d'hydrogène, déflagration subsonique, destruction de l'enceinte de confinement...). Et ce pour l'ensemble de nos réacteurs. Classé au niveau 2 de l'échelle INÈS

On remarquera que rien n'est prévu dans l'immédiat pour pallier à ce problème. De la même façon, pas question d'arrêter les réacteurs incriminés : ils sont tous incriminés.

Encore une fois, la seule façon raisonnable de s'en sortir serait de faire tourner à plein régime nos installations thermiques classiques (charbon, fuel, gaz), arrêter le retraitement, stopper les exportations d'électricité. Ces seules mesures permettant l'arrêt de 40 de nos réacteurs atomiques, réduisant ainsi d'autant le risque de catastrophe.

Encore une fois, on se demande pourquoi les politiques, les décideurs, les media, et même une grande partie des militants antinucléaires se refusent à admettre l'évidence : la catastrophe nucléaire est possible chez nous, et poursuivre dans cette voie la rend inéluctable !!!


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